Comment les administrations vont développer le télétravail des fonctionnaires


Faire confiance et responsabiliser les agents concernés, préciser finement des objectifs individuels, définir ensemble les modalités de contrôle, de suivi et de reporting, rester à l’écoute et bien sûr, maîtriser l’usage des outils informatiques. Autant d’adaptations que devront appréhender les managers publics pour développer avec succès le télétravail dans leurs services. C’est l’un des enjeux détaillés dans un guide que vient de publier la direction générale de l’administration et de la fonction publique (DGAFP).

Une nouvelle avancée, après la publication du cadre réglementaire dans un décret de février 2016, prolongement de la loi de mars 2012 relative à l’accès à l’emploi titulaire et à l’amélioration des conditions d’emploi des agents contractuels dans la fonction publique (loi Sauvadet). Le décret prévoit la possibilité pour les agents d’exercer trois jours par semaine en télétravail. “Manager à distance implique de nouveaux modes d’organisation, souligne le guide, tant à l’égard des agents exerçant en télétravail qu’à l’égard des agents exerçant en présentiel.”

Chacun doit avoir la certitude d’être considéré équitablement. Et de développer : “Exercer une partie de son activité en télétravail suppose de la part du supérieur hiérarchique direct d’adopter des méthodes de management adaptées dont les caractéristiques principales sont la confiance et la transparence.” Autre facteur clé : l’autonomie de l’agent. Le guide invite à la mise en place d’un tableau de bord pour fixer et suivre l’avancée des objectifs et prévient le risque de toute mise à l’écart.

Une approche par tâches. La DGAFP relève la nécessité de reconsidérer les missions de l’agent dans une approche par tâches et non par métiers : “Un métier non télétravaillable à plein temps peut le devenir à raison d’un jour ou d’une demi-journée par semaine, dès lors que l’on parvient à identifier un volume suffisant de tâches télétravaillables et que celles-ci peuvent être regroupées.”

Lieu. Si le domicile reste l’option retenue par les agents, le télétravail peut aussi s’opérer dans un télécentre – ils sont certes peu développés aujourd’hui – ou un autre lieu que le domicile principal, mais “ponctuellement” et sous réserve d’une distance limitée du lieu d’affectation. L’agent doit en effet pouvoir rejoindre son lieu d’affectation “dans des délais raisonnables” en cas de nécessité de service.

Temps de travail. Les administrations devront être particulièrement vigilantes sur le respect du décompte du temps de travail, la mesure de la charge de travail et le traitement des heures supplémentaires. “Le télétravail n’a pas vocation à générer des heures supplémentaires sauf sur demande expresse de la hiérarchie”, souligne le guide, qui précise par ailleurs que le télétravail n’est pas un moyen de faire des économies, puisque le poste de travail habituel de l’agent est conservé. Les coûts de mise en conformité du domicile “n’ont pas vocation à être pris en charge par les employeurs”.

Référent et formation. La DGAFP préconise l’instauration d’un référent dédié dans chaque administration ou chaque service, qui serait l’interlocuteur “chargé de répondre aux questions sur les plans juridique et pratique des encadrants et des agents et d’apporter un conseil sur les modalités de mise en œuvre des nouvelles organisations de travail”. Une formation des encadrants est souhaitable, mais elle peut s’intégrer plus largement dans une formation consacrée aux pratiques managériales. Sur un plan plus pratique, la DGAFP juge important de faire suite aux demandes de télétravail des personnels – positivement ou négativement – dans un délai maximum de deux mois.

Autant de mesures et de préconisations parfois techniques que les administrations et les services sont appelés à mettre en œuvre tant, insiste la DGAFP, les évolutions et les impacts sur les organisations peuvent être importants. Reste maintenant à savoir si cette pratique va se diffuser, alors qu’elle reste aujourd’hui peu développée dans la fonction publique française – à la différence de la Belgique ou des Pays-Bas.

Source: www.acteurspublics.com